Assemblée Générale de DPLO / Paris, 7 novembre 2015

Défense et Promotion des Langues d’Oïl a tenu son assemblée générale le 7 novembre à la Mission bretonne à Paris.
Cette assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur la situation de chacune des langues et aussi sur la situation générale des langues régionales en France.
Plus de 25 ans après sa signature par l’Etat français, la Charte européenne de langues régionales et minoritaires n’est toujours pas ratifiée. Le Sénat vient à nouveau de refuser le débat. La situation des langues varie selon et régions et les alternances politiques. Mais ce qui les caractérise toutes, c’est un état d’insécurité juridique, un manque de statut.
DPLO réaffirme donc :
- La nécessité de la ratification par l’Etat français de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ;
- Son application à toutes les langues de France, selon la liste établie par la Délégation générale à la Langue française et aux Langues de France (Ministère de la Culture) ;
- La nécessité d’une loi-cadre pour les langues de France ;
- La possibilité pour les régions d’obtenir plus de compétences en matière de politique linguistique (délégation ou transfert de compétences).
DPLO appelle tous les candidats aux élections régionales à prendre en compte les langues régionales dans leurs programmes et à exposer aux électeurs leurs projets de politique linguistique.
Les langues régionales concernent toutes les régions et donc ne posent pas de danger d’éclatement du pays. La France est riche de sa diversité linguistique. Les langues de France, et parmi elles les langues d’oïl, classées « sérieusement en danger » par l’UNESCO, ont besoin d’une reconnaissance juridique urgente et de la mise en place au niveau national et au niveau régional de politique linguistique.

DPLO-AG 2015 – Communiqué de Presse

Langues de Bourgogne – Bulletin Traivarses 2015 (4)

Le numéro de septembre 2015 de Traivarses – bulletin de l’association Langues de Bourgogne est disponible sur le site de la MPO – Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne.

Traivarses 2015 (4)

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Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne

Etats généraux de la langue picarde – 14 novembre 2015

No picard, no future ?
Nou picard, nou future !


Le samedi 14 novembre 2015 à Arras

Salle de l’Ordinaire à la Citadelle d’Arras – Boulevard du Général de Gaulle

Din éne paire ed mo chés régions Nord-Pas de Calais pi Picardie is s’in vont s’achuchonner. Tout ch’domainne picard, in France, i va éte rassanné.

Dans quelques mois, les régions Nord-Pas de Calais et Picardie vont fusionner, créant ainsi une nouvelle région rassemblant la totalité du domaine de la langue picarde, qu’on appelle picard, patois, chti ou rouchi, en France.

Ech picard i sra-ti éne inchèpe pour el novelle région ? Obin éne chance ?

Le picard sera-t-il le « boulet » de cette nouvelle région ? Ou une chance pour elle ?

Ech temps il est là d’inviter tout cheusses qu’is veut’te qu’éch picard i n’décesse point d’egzister, à vnir es vir, raviser dù qu’os in sonmes pi ahanser éne suite pour chel langue picarde, qu’in l’délonme picard, patois, chti o bien rouchi.

Le moment est donc venu d’inviter tous ceux qui veulent que le picard continue d’exister, à se rencontrer, faire un bilan et proposer ensemble un avenir à cette langue, qu’on apelle picard, patois, chti ou rouchi.

A l’défin d’chel jornée d’éch 14 ed novimbe à Arro, os attindons éd véritabes pourpositions qu’os perzintrons à l’novelle assannée régionale qu’a s’in vo éte cusie au moés d’déchimbe.

De cette journée du 14 novembre à Arras, au centre du domaine linguistique picard, nous espérons voir naître des propositions concrètes à transmettre à la nouvelle institution régionale qui sortira des urnes en décembre prochain.

En savoir plus (sur le site de l’Agence pour le Picard / Agince pour ech Picard)

Une signalétique institutionnelle trilingue pour la Région Bretagne

Fronton du bâtiment du Conseil régional de BretagneLa Région Bretagne met en place une signalisation institutionnelle trilingue (français, breton, gallo) sur le site de Patton à Rennes où se trouve le siège de la Présidence (exécutif) et de la Direction générale des services (services régionaux) du Conseil régional de Bretagne. Deux panneaux ont déjà été posés à l’extérieur de l’enceinte et sont visibles de la rue. Un grand bandeau a également été mis au fronton du bâtiment principal. Il est prévu d’appliquer ce principe de signalisation institutionnelle et directionnelle trilingue à l’intérieur du bâtiment et sur d’autres sites notamment l’hôtel de Courcy (siège du Conseil régional de Bretagne, du Conseil économique, social et environnemental régional, du Conseil régional des jeunes et du Conseil culturel de Bretagne).
Un groupe de travail sur le gallo dans la communication régionale se réunit régulièrement depuis fin 2012.

Une Charte linguistique pour l’Alsace… pour l’alsacien, mais aussi pour le lorrain (welche) et le franc-comtois

La ville de Saverne vient de signer une Charte de la Ville de Saverne pour la promotion de la langue régionale sur la base de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cet acte se place dans la prolongement de l’Appel en faveur d’une Charte linguistique pour l’Alsace lancé par le mouvement Initiative Citoyenne Alsacienne 2010 qui demande aux Collectivités Territoriales d’Alsace d’adopter dans des termes proposés une Charte linguistique pour l’Alsace. Parmi les propositions on retrouve plusieurs articles qui prennent en compte les langues romanes d’Alsace, le lorrain (welche) et le franc-comtois :

Article 7 : L’allemand, dialectal et standard, n’est pas l’unique langue régionale historique d’Alsace. Il en existe d’autres, qu’elles soient territoriales ou non territoriales, notamment le Jiddisch, le roman lorrain aussi appelé welche, et le roman franc-comtois. Il va de soi qu’une charte linguistique régionale se doit de conférer, également, une reconnaissance officielle à ces pratiques linguistiques et de les promouvoir, comme elle doit promouvoir les cultures qui s’y rattachent. La Région, les Départements et les Communes sont invités à œuvrer dans ce sens, tout comme l’Education Nationale et les médias publics.

Article 15 : (…) Une attention particulière sera accordée par l’Education Nationale au roman lorrain. Elle devra notamment proposer, dans les zones concernées, une sensibilisation progressive à l’école maternelle et à l’école élémentaire, et un approfondissement dans les collèges et les lycées dans le cadre d’un enseignement optionnel, d’une part linguistique et culturel d’autre part. Dans ce dernier cas, l’option Langue et culture régionales existante devrait pour le moins dans les établissements des vallées concernées s’ouvrir particulièrement à l’histoire et à la culture des pays welches.

Belgique : Le Conseil des Langues régionales endogènes et la ratification de la Charte européenne des langues régionales

La Belgique n’a toujours pas signé la Charte européenne des langues régionales, notamment en raison de son système fédéral particulier. En vue de faciliter les négociations entre les Communautés, les Régions et l’Etat fédéral, le Conseil des langues régionales endogènes de la Fédération Wallonie-Bruxelles a réalisé une liste de 38 dispositions qui pourraient être appliquées en Wallonie, ainsi que la liste des langues concernées (4 langues romanes et 2 langues germaniques) : le wallon, le champenois, le picard, le lorrain (gaumais), le francique mosellan (luxembourgeois) et le francique ripuaire.

Bilan annuel du CLRE 2012 (annexes 8 et 9, pages 43 et suiv.)

France : un premier pas vers la ratification de la Charte européenne des langues régionales ?

Une très large majorité (361 pour, 149 contre) des députés français ont voté le mardi 28 janvier 2014 la proposition de loi constitutionnelle visant à la ratification de la charte européenne signée par la France en 1999. Ce n’est que la première étape d’un long et compliqué parcours : examen par le Sénat du même texte, reprise du dossier par le gouvernement avec le dépôt d’un projet de loi constitutionnelle, enfin passage en Congrès à Versailles …. Nous souhaitons une issue la plus rapide et la plus favorable pour toutes les langues de France et donc les langues d’oïl. La Charte prévoit dans son instrument de ratification deux listes : la liste des dispositions retenues (on connaît les 39 dispositions choisies par la France) et la liste des langues (75 langues dans la liste dressée en 1999 par le professeur Bernard Cerquiglini et maintenue par la DGLFLF).

Rapport Bernard Cerquiglini

Rapport Rémi Caron : notes et réactions de DPLO

En juillet 2013, Monsieur Rémi Caron, Conseiller d’Etat, président du Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne a remis à Madame Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication, un rapport Redéfinir une politique publique en faveur des langues régionales et de la pluralité linguistique interne.
Pour Défense et Promotion des Langues d’Oïl, ce rapport est partial et lacunaire en ce qui concerne les langues d’oïl.
Le gouvernement reprend le chantier de la ratification de la Charte européenne des langues régionales signée par la France en 1999. C’était l’engagement n° 56 du candidat François Hollande.
La ratification est une demande ancienne et répétée du mouvement associatif en faveur des langues régionales. Elle doit être l’occasion de reconnaître toutes les langues de France et non celle d’une nouvelle discrimination basée sur une certaine hiérarchisation.

Notes et réactions de DPLO au rapport Caron :

DPLO – Notes et réactions sur le Rapport Caron (Redéfinir une politique publique en faveur des langues régionales)

30ème Assemblée générale de DPLO

En novembre 2012, DPLO fêtait ses 30 ans. Le compte-rendu des interventions et débats sur l’histoire de la coordination et du mouvement collectif qui s’est mis en place pour la valorisation des langues d’oïl, sur l’enseignement du gallo et sur les perspectives pour la reconnaissance des langues régionales en France est disponible.  Compte-rendu

Les langues d’oïl se font entendre

Débat "Quel avenir pour nos langues ?" présenté par P. Léger. Avec J.-L. Ramel, T. Louarn, C. Simon, M. Gautier, M. Le Fur, P. Molac, L. Louarn

DPLO a commémoré ses 30 années d’existence en Bretagne, à Plaintel les 10 et 11 novembre derniers. Environ 70 personnes sont venues assister et participer au débat faisant le bilan de trois décennies pour la reconnaissance des langues d’oïl, notamment dans l’enseignement, et le point sur l’actualité politique des langues régionales. La présence de nombreuses personnalités politiques a été remarquée. Les interventions et les échanges avec le public se sont enchaînés jusqu’à l’apéro-poésie où on a pu entendre toutes nos langues. Continuer la lecture