Assemblée Générale de DPLO 2018


Assemblée Générale de Défense et Promotion des Langues d’Oïl (DPLO)
– Centre Culturel La Marchoise, Gençay (86) – 17 et 18 novembre 2018

Présentation de l’association La Marchoise, qui nous accueille et dont l’histoire est intimement liée à la naissance du réseau poitevin-saintongeais UPCP :
1963 : Une troupe de danses d’Israël est créée au Foyer des Jeunes. Un couple d’instituteurs de hameau, les GIRARD, fonde le groupe de danse « La Marchoise de Chantemerle ». La mairie achète les locaux dans lesquels les danseurs se retrouvent. Ce sont ces bâtiments qui nous accueillent ce week-end. Elle crée un poste d’animateur municipal en 1968. De nombreuses animations voient le jour jusqu’à la participation aux Fêtes de la vigne à Dijon dont le premier prix revient en 1967 à la troupe menée par La Marchoise et les Pibolous. En 1968, ils sont invités d’honneur, puis font une tournée en Tchécoslovaquie et traversent Prague le 18 août dans les gaz lacrymogènes du fameux Printemps. S’ensuit la décision de mettre en place une structure régionale : le 1er janvier 1969, à Gençay, est créée l’UPCP.
1981 : l’UPCP est à l’origine de la création de DPLO

Présentation de l’activité linguistique par région

Gallo : Le Conseil Régional a commandé une enquête sociologique sur la pratique linguistique qui démontre une pratique aussi importante du gallo que du breton. Il y a quelques années, la reconnaissance symbolique de « langues de Bretagne» a constitué une étape importante pour le gallo. Lors des dernières élections régionales, un meilleur portage politique des langues a été réclamé d’où la création de deux vice-présidences. Un chargé de mission a été recruté par la Région. Malgré tout, le budget concernant le breton est 20 fois plus élevé que celui du gallo.

Picard : l’Agence Régionale de la Langue Picarde remplace l’Agence de la Langue Picarde. Avec la création de la nouvelle région Hauts de France, on passe d’une population de 2 millions à 6 millions d’habitants mais avec le même budget. L’intérêt porté pour le picard n’est pas le même : si l’ex-région Picardie était plutôt bienveillante, le Nord-Pas-de-calais avait peu de conscience linguistique picarde, valorisant plutôt la petite minorité flamande, qui obtiendra même bientôt un institut. Le cours de langue picarde de l’Université d’Amiens a failli disparaître par souci d’économie budgétaire mais les réactions suscitées ont amené les élus à se positionner voire à une prise de conscience. Par ailleurs, le public réagit positivement aux créations et événements artistiques.

Poitevin-saintongeais : la Nouvelle-Aquitaine est consciente de la présence de 3 langues sur son territoire : l’occitan, le basque et le poitevin-saintongeais. Elle tient à les mettre sur un même plan, ce qui est une nette amélioration par rapport à la situation précédente dans laquelle la Région Poitou-Charentes, malgré un Groupe de Travail sur les Langues Régionales qui a perduré pendant près de 20 ans, ne se montrait pas assez volontariste. Des actions et projets sont menés avec la nouvelle région (calendrier en langues régionales, concours littéraire, présence d’une page en langues régionales dans le journal régional, petits programmes en langues régionales dans les médias en ligne) mais on attend la mise en place d’une politique d’enseignement réelle.

Normand : malgré leur absence de dernière minute, le président de l’association FALE a transmis en urgence un e-mail détaillé à l’AG pour nous informer de la riche activité du normand. L’association, qui souhaite adhérer à DPLO depuis longtemps et œuvre beaucoup pour la langue normande, organise d’ailleurs le 19 janvier un mini-colloque à Caen avec le président de Région Hervé MORIN, par ailleurs président de l‘Association des Régions de France.

Bourguignon : le nouveau découpage régional relie désormais la Bourgogne à la France-Comté.
Depuis 2 ans, un enseignant a été missionné sur les questions linguistiques, pour seulement 2 heures par semaine. Cela améliore les relations avec les autres enseignants. Les Archives départementales ont sollicité la Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne (MPOB) pour mettre en place un atelier sur le bourguignon . La MPOB va devenir un Ethnopôle pour la question langues.

La création d’un Observatoire des Langues d’Oïl est envisagée, qui pourrait être un centre de ressources destiné à mutualiser les informations sur les langues.
La Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne a déjà sollicité sa Région en ce sens. Celle-ci a décliné la proposition au motif qu’elle ne s’impliquera pas seule pour des langues qui ne sont pas situées sur son aire. Un nouveau dossier de demande est donc en cours de réalisation, pour lequel les autres régions concernées devront être sollicitées, entre autres par les associations DPLO, en vue d’un soutien moral et/ou financier. Plusieurs axes pourront être visés en ce sens tels que la mise en place d’une enquête sur la réalité des pratiques linguistiques dans nos régions (cf. celle déjà réalisée en Bretagne) ou bien le financement d’une meilleure visibilité des langues d’oïl (gestion et développement du site internet, …)
On prévoit la réécriture de ce dossier pour le CA de mai ou juin 2019.

Par ailleurs, la question de la transmission de nos langues doit être approfondie et la création d’un groupe de travail incluant les acteurs de DPLO est proposée afin de partager les expériences que chaque région linguistique peut avoir, afin d’avancer et de s’enrichir sur ce point.

La soirée du samedi s’est achevée sur un mode très convivial, au sein d’une veillée où chacun.e y est allé.e de sa chanson, de son conte, de sa poésie, voire de son petit mot improvisé pour faire entendre la vitalité de sa langue. La pluralité a tellement été au rendez-vous que deux des locuteurs présents nous ont gratifié, l’un d’un conte en polonais, l’autre d’un conte dans un dialecte indonésien.
Preuve, s’il en fallait, de l’ouverture aux autres cultures des défenseurs des langues locales…

DPLO – Assemblée générale 2016 à Marsannay-la-Côte en Bourgogne

L’assemblée générale 2016 de Défense et Promotion des Langues d’Oïl a eu lieu le 23 octobre 2016 à Marsannay-la-Côte à côté de Dijon en Bourgogne, le lendemain des 4èmes Rencontres des Langues de Bourgogne.
Cette assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur la situation de chacune des langues et chacune des régions, quelques mois après la réorganisation territoriale qui s’est traduite par la fusion de plusieurs régions, et aussi après les élections régionales de décembre 2015.
Les langues d’oïl partagent le sort des autres langues de France par le manque de reconnaissance juridique et statutaire. La charte européenne des langues régionales n’a toujours pas été ratifiée et les projets ou propositions de loi sur les langues de France n’ont pas abouti au Parlement.
La prise en compte des langues est variable selon les régions, mais peu d’entre elles ont une politique linguistique. La Région Bretagne se singularise toutefois avec une meilleure prise en compte du gallo. Pour rappel, la Bretagne reconnaît le breton et le gallo comme langues de Bretagne depuis 2004. En 2010, la région s’est dotée d’une vice-présidence aux langues de Bretagne et a créé un service des langues de Bretagne. En 2016, la région a en plus désigné une élue conseillère déléguée à la langue gallèse, a recruté un chargé de mission langue gallèse et consacre une ligne budgétaire pour le gallo. Le manque de reconnaissance étatique n’explique donc pas tout et les mobilisations et volontés locales comptent aussi.

Cârouje 2016 – 1ères assises de la langue gallèse

Le samedi 19 novembre marque une nouvelle étage de la politique linguistique de la Région Bretagne pour le gallo. C’est en effet ce jour-là qu’a eu lieu Cârouje 2016, premières assises de la langue gallèse. Cet événement s’est déroulé dans la salle des assemblées du Conseil régional de Bretagne, Hôtel de Courcy, à Rennes. La journée a été introduite par Madame Kaourintine Hulaud, conseillère déléguée à la langue gallèse, et a été clôturée par Monsieur Loïg Chesnais-Gérard, 1er vice-président du Conseil régional de Bretagne.
Cârouje 2016 a rassemblé plus d’une centaine de personnes, issue pour beaucoup du mouvement associatif. La matinée a été consacrée à quatre ateliers thématiques :
- la langue gallèse : enseignement et formation
- la langue gallèse : sphère publique / sphère privée
- la langue gallèse dans les médias
- la langue gallèse et la création artistique
L’après midi a débuté par une première présentation par Philippe Blanchet, enseignant-chercheur en sociolinguistique et en didactique de la communication plurilingue et interculturelle de l’Université Rennes 2, de l’étude sur la pratique et les représentations du gallo en Haute-Bretagne. Cette présentation a été suivie de la restitution des ateliers du matin, enfin de l’intervention de Monsieur Loïg Chesnais-Gérard qui a, à l’occasion, réaffirmé l’engagement de la Région Bretagne pour la prise en compte du gallo dans sa politique linguistique.
La journée s’est terminée par la remise des Priz du Galo 2016 par l’association Bertègn Galèzz.

Assemblée Générale de DPLO / Paris, 7 novembre 2015

Défense et Promotion des Langues d’Oïl a tenu son assemblée générale le 7 novembre à la Mission bretonne à Paris.
Cette assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur la situation de chacune des langues et aussi sur la situation générale des langues régionales en France.
Plus de 25 ans après sa signature par l’Etat français, la Charte européenne de langues régionales et minoritaires n’est toujours pas ratifiée. Le Sénat vient à nouveau de refuser le débat. La situation des langues varie selon et régions et les alternances politiques. Mais ce qui les caractérise toutes, c’est un état d’insécurité juridique, un manque de statut.
DPLO réaffirme donc :
- La nécessité de la ratification par l’Etat français de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ;
- Son application à toutes les langues de France, selon la liste établie par la Délégation générale à la Langue française et aux Langues de France (Ministère de la Culture) ;
- La nécessité d’une loi-cadre pour les langues de France ;
- La possibilité pour les régions d’obtenir plus de compétences en matière de politique linguistique (délégation ou transfert de compétences).
DPLO appelle tous les candidats aux élections régionales à prendre en compte les langues régionales dans leurs programmes et à exposer aux électeurs leurs projets de politique linguistique.
Les langues régionales concernent toutes les régions et donc ne posent pas de danger d’éclatement du pays. La France est riche de sa diversité linguistique. Les langues de France, et parmi elles les langues d’oïl, classées « sérieusement en danger » par l’UNESCO, ont besoin d’une reconnaissance juridique urgente et de la mise en place au niveau national et au niveau régional de politique linguistique.

DPLO-AG 2015 – Communiqué de Presse

Langues de Bourgogne – Bulletin Traivarses 2015 (4)

Le numéro de septembre 2015 de Traivarses – bulletin de l’association Langues de Bourgogne est disponible sur le site de la MPO – Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne.

Traivarses 2015 (4)

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Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne

Etats généraux de la langue picarde – 14 novembre 2015

No picard, no future ?
Nou picard, nou future !


Le samedi 14 novembre 2015 à Arras

Salle de l’Ordinaire à la Citadelle d’Arras – Boulevard du Général de Gaulle

Din éne paire ed mo chés régions Nord-Pas de Calais pi Picardie is s’in vont s’achuchonner. Tout ch’domainne picard, in France, i va éte rassanné.

Dans quelques mois, les régions Nord-Pas de Calais et Picardie vont fusionner, créant ainsi une nouvelle région rassemblant la totalité du domaine de la langue picarde, qu’on appelle picard, patois, chti ou rouchi, en France.

Ech picard i sra-ti éne inchèpe pour el novelle région ? Obin éne chance ?

Le picard sera-t-il le « boulet » de cette nouvelle région ? Ou une chance pour elle ?

Ech temps il est là d’inviter tout cheusses qu’is veut’te qu’éch picard i n’décesse point d’egzister, à vnir es vir, raviser dù qu’os in sonmes pi ahanser éne suite pour chel langue picarde, qu’in l’délonme picard, patois, chti o bien rouchi.

Le moment est donc venu d’inviter tous ceux qui veulent que le picard continue d’exister, à se rencontrer, faire un bilan et proposer ensemble un avenir à cette langue, qu’on apelle picard, patois, chti ou rouchi.

A l’défin d’chel jornée d’éch 14 ed novimbe à Arro, os attindons éd véritabes pourpositions qu’os perzintrons à l’novelle assannée régionale qu’a s’in vo éte cusie au moés d’déchimbe.

De cette journée du 14 novembre à Arras, au centre du domaine linguistique picard, nous espérons voir naître des propositions concrètes à transmettre à la nouvelle institution régionale qui sortira des urnes en décembre prochain.

En savoir plus (sur le site de l’Agence pour le Picard / Agince pour ech Picard)

Une signalétique institutionnelle trilingue pour la Région Bretagne

Fronton du bâtiment du Conseil régional de BretagneLa Région Bretagne met en place une signalisation institutionnelle trilingue (français, breton, gallo) sur le site de Patton à Rennes où se trouve le siège de la Présidence (exécutif) et de la Direction générale des services (services régionaux) du Conseil régional de Bretagne. Deux panneaux ont déjà été posés à l’extérieur de l’enceinte et sont visibles de la rue. Un grand bandeau a également été mis au fronton du bâtiment principal. Il est prévu d’appliquer ce principe de signalisation institutionnelle et directionnelle trilingue à l’intérieur du bâtiment et sur d’autres sites notamment l’hôtel de Courcy (siège du Conseil régional de Bretagne, du Conseil économique, social et environnemental régional, du Conseil régional des jeunes et du Conseil culturel de Bretagne).
Un groupe de travail sur le gallo dans la communication régionale se réunit régulièrement depuis fin 2012.

Une Charte linguistique pour l’Alsace… pour l’alsacien, mais aussi pour le lorrain (welche) et le franc-comtois

La ville de Saverne vient de signer une Charte de la Ville de Saverne pour la promotion de la langue régionale sur la base de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cet acte se place dans la prolongement de l’Appel en faveur d’une Charte linguistique pour l’Alsace lancé par le mouvement Initiative Citoyenne Alsacienne 2010 qui demande aux Collectivités Territoriales d’Alsace d’adopter dans des termes proposés une Charte linguistique pour l’Alsace. Parmi les propositions on retrouve plusieurs articles qui prennent en compte les langues romanes d’Alsace, le lorrain (welche) et le franc-comtois :

Article 7 : L’allemand, dialectal et standard, n’est pas l’unique langue régionale historique d’Alsace. Il en existe d’autres, qu’elles soient territoriales ou non territoriales, notamment le Jiddisch, le roman lorrain aussi appelé welche, et le roman franc-comtois. Il va de soi qu’une charte linguistique régionale se doit de conférer, également, une reconnaissance officielle à ces pratiques linguistiques et de les promouvoir, comme elle doit promouvoir les cultures qui s’y rattachent. La Région, les Départements et les Communes sont invités à œuvrer dans ce sens, tout comme l’Education Nationale et les médias publics.

Article 15 : (…) Une attention particulière sera accordée par l’Education Nationale au roman lorrain. Elle devra notamment proposer, dans les zones concernées, une sensibilisation progressive à l’école maternelle et à l’école élémentaire, et un approfondissement dans les collèges et les lycées dans le cadre d’un enseignement optionnel, d’une part linguistique et culturel d’autre part. Dans ce dernier cas, l’option Langue et culture régionales existante devrait pour le moins dans les établissements des vallées concernées s’ouvrir particulièrement à l’histoire et à la culture des pays welches.

Belgique : Le Conseil des Langues régionales endogènes et la ratification de la Charte européenne des langues régionales

La Belgique n’a toujours pas signé la Charte européenne des langues régionales, notamment en raison de son système fédéral particulier. En vue de faciliter les négociations entre les Communautés, les Régions et l’Etat fédéral, le Conseil des langues régionales endogènes de la Fédération Wallonie-Bruxelles a réalisé une liste de 38 dispositions qui pourraient être appliquées en Wallonie, ainsi que la liste des langues concernées (4 langues romanes et 2 langues germaniques) : le wallon, le champenois, le picard, le lorrain (gaumais), le francique mosellan (luxembourgeois) et le francique ripuaire.

Bilan annuel du CLRE 2012 (annexes 8 et 9, pages 43 et suiv.)

France : un premier pas vers la ratification de la Charte européenne des langues régionales ?

Une très large majorité (361 pour, 149 contre) des députés français ont voté le mardi 28 janvier 2014 la proposition de loi constitutionnelle visant à la ratification de la charte européenne signée par la France en 1999. Ce n’est que la première étape d’un long et compliqué parcours : examen par le Sénat du même texte, reprise du dossier par le gouvernement avec le dépôt d’un projet de loi constitutionnelle, enfin passage en Congrès à Versailles …. Nous souhaitons une issue la plus rapide et la plus favorable pour toutes les langues de France et donc les langues d’oïl. La Charte prévoit dans son instrument de ratification deux listes : la liste des dispositions retenues (on connaît les 39 dispositions choisies par la France) et la liste des langues (75 langues dans la liste dressée en 1999 par le professeur Bernard Cerquiglini et maintenue par la DGLFLF).

Rapport Bernard Cerquiglini